Pourquoi dit-on « chiffrer » et pas « crypter » ? Une distinction clé en cybersécurité

ABC du chiffrement

« Chiffrer » et non « crypter » : en cybersécurité, le vocabulaire reflète l’expertise technique

PRIM'X blog - #onditchiffrer

Si les termes « crypter » et « chiffrer » sont souvent confondus, ils ne sont pas équivalents. Les anglicismes sont légion en cybersécurité, mais parler de « crypter » ou « décrypter un fichier » est non seulement impropre, mais techniquement faux. Le chiffrement repose toujours sur l’utilisation d’une clé ou d’une paire de clés. Sans clé, on ne chiffre pas un fichier, et on ne peut pas non plus le déchiffrer. Entretenir cette confusion entre « crypter » et « chiffrer », c’est ignorer le fonctionnement technique du chiffrement. Et comme l’affirmait Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». Pour comprendre les origines de l’abus de langage le plus courant en cybersécurité, PRIM’X remonte aux deux disciplines que sont la cryptographie et le chiffrement. La précision sémantique n’est pas un « vernis », elle reflète tout simplement l’expertise technique. Les professionnels de la cybersécurité ont d’ailleurs fait de cette conviction un véritable mouvement : #onditchiffrer.

Quelle est la différence entre chiffrer et crypter ?

La cryptographie et le chiffrement poursuivent un objectif identique : préserver la confidentialité des informations sensibles. En revanche, les deux disciplines ne s’appuient pas sur les mêmes moyens pour assurer la protection des fichiers.

Qu’est-ce que la cryptographie ?

D’un point de vue étymologique, la cryptographie renvoie au fait d’écrire en langage caché, secret. Elle assure l’intégrité et l’authenticité des fichiers, tout en préservant leur confidentialité.
Comme l’explique le glossaire PRIM’X dédié aux mots-clés du chiffrement, en tant que discipline, « la cryptographie recouvre un ensemble de techniques et de méthodes permettant de chiffrer des données afin de les rendre secrètes ». Elle repose sur l’utilisation de mécanismes cryptographiques (hachage, signature numérique, etc.), mais pas nécessairement une clé. C’est là que réside la grande différence entre la cryptographie et le chiffrement.

Quel est le principe du chiffrement ?

Sous-discipline de la cryptographie, le chiffrement est un procédé cryptographique spécifique. Il rend les données illisibles via l’utilisation d’un algorithme, combiné à une clé (ou à une paire de clés) pour chiffrer et déchiffrer. Seule la personne détenant la clé de déchiffrement peut accéder aux données de manière lisible (données en clair).

D’où vient la confusion entre « chiffrer » et « crypter » ?

La confusion entre les termes « crypter » et « chiffrer » vient de la traduction anglaise des mots « encryption » (chiffrement) et « to encrypt » (chiffrer), souvent faussement traduis en « cryptage » et « crypter ». Les mots « crypter » et « décrypter » se sont abondamment répandus dans la langue française, diffusés par les médias généralistes et adoptés par le grand public. Un anglicisme que les professionnels de la cybersécurité rectifient abondamment, à grand renfort de commentaires « #onditchiffrer ».
 
Dans le domaine de la cybersécurité, le terme anglais « encryption » se traduit en français par « chiffrement ». Il s’agit de la seule traduction correcte d’un point de vue technique. L’utilisation des verbes « crypter » ou « décrypter » un fichier n’est pas recevable dans ce contexte. Cela reviendrait à coder un fichier sans clé, puis à tenter de le décoder également sans clé, ce qui est techniquement impossible.
 
La confusion entre ces deux termes est si fréquente que l’ANSSI insiste régulièrement, dans ses différents travaux, sur ce point. Dans son guide « Règles et recommandations concernant le choix et le dimensionnement des mécanismes cryptographiques », publié en mars 2026, l’Agence rappelle que « le seul terme admis en français est celui de chiffrement ; les termes cryptageet chiffragesont incorrects. L’opération inverse du chiffrement est le déchiffrement ».
 
PRIM’X, éditeur de logiciels de chiffrement, se mobilise de longue date sur ces sujets de vocabulaire. La preuve avec son ABC du chiffrement consacré aux différences entre « Chiffrement » et « Cryptage ».


Le chiffrement, pilier de la confidentialité des données et condition de leur souveraineté

Les mots-clés du chiffrement : confidentialité des données, authenticité, intégrité, non-répudiation

Le chiffrement est aujourd’hui un outil clé pour assurer la confidentialité des données, c’est-à-dire les protéger de lectures non autorisées). Il assure aussi :
Leur authenticité (être certain de l’origine des données),
Leur intégrité (pas de modification possible des données),
Leur non-répudiation (l’utilisateur à l’origine des données ne peut pas nier les avoir produites).
D’abord réservé à un usage militaire et étatique, le chiffrement s’est largement généralisé depuis les années 70. Efficace pour protéger les données les plus sensibles, il s’est étendu au monde de l’entreprise et même aux usages du grand public : chiffrement des données sur un disque dur, un smartphone, en local, dans le cloud, etc.
Deux grandes familles de chiffrement coexistent. Le chiffrement symétrique repose sur l’utilisation d’une « clé secrète », permettant à la fois de chiffrer et déchiffrer le contenu. Le chiffrement asymétrique, de son côté, repose sur l’utilisation d’une paire de clés (clé publique, clé privée) mathématiquement reliées, la clé privée permettant de déchiffrer le contenu. Ces deux approches peuvent également coexister dans un usage dit « hybride ».

Le chiffrement, une solution tangible à l’impératif de souveraineté des données

À mesure que la souveraineté numérique s’impose comme une exigence, la question du chiffrement des données prend un relief particulier. Dans un contexte de recours massif au cloud comme solution d’hébergement des données, les débats sur la souveraineté numérique se sont longtemps cantonnés au seul critère de localisation physique des données. Or, savoir à quel contrôle juridique sont soumises ces données (qui peut y accéder, dans quelles conditions) est un critère bien plus important.
Parce qu’il protège les données elles-mêmes, le chiffrement constitue une solution tangible à l’enjeu de souveraineté des données. L’approche « Client-Side Encryption » (chiffrement côté client), qui donne au client la maîtrise des clés de chiffrement, est à ce jour la réponse la plus efficace à cet impératif de souveraineté. Le fournisseur de cloud a uniquement accès à des données chiffrées, et non à la clé de déchiffrement, détenue par le client lui-même.
Un projet de chiffrement ?

#onditchiffrer : un mouvement créé et amplifié par l’écosystème cyber français

La précision sémantique n’est pas réservée aux puristes de la langue française. L’écosystème cyber français, constitué d’entreprises et de professionnels reconnus, s’engage activement sur la différence de sens entre « crypter » et « chiffrer ».
 
Le sujet ressort régulièrement lors des grands rendez-vous rassemblant des professionnels de la cybersécurité, à commencer par le FIC (Forum in Cyber), organisé chaque année à Lille. Sur LinkedIn, le hashtag #onditchiffrer agrège des prises de position et des échanges qui témoignent d’une réalité : l’expertise technique ne s’arrête pas aux outils, elle se reflète également dans le vocabulaire utilisé.
 
En France, Baptiste David, passé par l’entreprise Tenacy et fer de lance du mouvement #onditchiffrer, est l’un des visages les plus engagés sur le sujet. Son podcast « On dit chiffrer », qui invite régulièrement différents experts actifs chez les grands éditeurs français, en témoigne.
https://open.spotify.com/show/0D8J3A1bgpv9c2q37snRym
 
Olvid, solution de messagerie sécurisée créée par deux docteurs en cryptographie et deux fois qualifiée par l’ANSSI, participe également au mouvement. L’entreprise ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Dans sa FAQ « Les mots comptent : chiffrer ou crypter ? », elle rappelle que « le mot “crypter” n’est pas utilisé en cryptographie. Le mot adéquat est “chiffrer” ».
 
PRIM’X, éditeur de logiciels de chiffrement, répond aux contraintes et aux besoins des grands comptes, administrations et organisations publiques et privées en matière de Data Confidentiality Management. Ses solutions de chiffrement bénéficient des certifications et qualifications les plus exigeantes.
Avec la conviction que la précision sémantique est le reflet de la réalité technique, PRIM’X s’engage depuis plusieurs années sur ces questions de vocabulaire, notamment à travers son glossaire sur le chiffrement. Le chiffrement est une solution concrète aux enjeux de protection et de souveraineté des données. Bien l’implémenter commence par bien le nommer.